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Le blog de l'association Amis des Bêtes

L'Office National de la Chasse veille... Attention !

6 Juillet 2010, 09:22am

Publié par amisdesbetes

Un président de club ornithologique est convoqué devant le tribunal correctionnel uniquement parce qu'il a recueilli deux merles blessés et fait éclore chez lui deux oeufs de pinson.

Non, nous ne sommes pas dans la quatrième dimension, mais bien dans le Béarn, avec un faits divers raconté en détails par La République des Pyrénées.

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Tout commence au coeur de l'hiver 2007-2008. Deux merles blessés sont confiés au club de Christian. Celui-ci les installe chez lui, dans une volière « avec une tourterelle pour limiter leur stress ».  Au printemps suivant, Christian trouve deux oeufs de pinson dans un nid partiellement détruit. Il les récupère, les fait couver par des canaris. Bientôt naissent deux passereaux. Quand ils ont six jours, l'ornithologue leur pose des bagues conventionnelles.

Mais un an plus tard, des représentants de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage débarquent chez Christian. « Il s'agissait d'un contrôle classique, dont le programme est concerté avec les autorités chargées de la police de l'environnement », précise le responsable départemental de l'ONCFS, Xavier Horgassan - qui, devoir de réserve oblige, ne peut pas s'exprimer sur la procédure en cours. Les agents de l'ONFCS découvrent alors les deux merles et les deux pinsons.

 


Comme le prévoit la procédure, leur rapport est transmis au parquet. Car il y a une infraction : certes, on peut chasser le merle noir sauvage, mais on ne peut pas le garder en cage chez soi. Le pinson est pour sa part une espèce protégée. Tout cela, Christian le sait bien : « Cependant, si je n'avais pas récupéré les deux merles, ils seraient morts. De même, si je n'avais pas récupéré les deux oeufs, il n'y aurait pas de pinsons aujourd'hui ». Et donc pas d'objet du délit...

Quelques mois plus tard, le président du club ornithologique reçoit sa convocation à une audience du tribunal correctionnel. « Je suis tombé des nues », lâche-t-il. Au mois d'octobre, il répondra précisément d'« avoir ouvert sans autorisation un établissement pour animal non domestique, de l'avoir exploité sans certificat de capacité, et d'avoir enlevé des oeufs d'animaux non-domestiques ». Sans rire. Il risque jusqu'à six mois de prison et 9 000 € d'amende. Des peines prévues pour des grands trafiquants d'oiseaux sauvages...

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