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Le blog de l'association Amis des Bêtes

« Peut-être qu’un jour l’humanité reconnaîtra que manger un animal ne va pas de soi »

27 Mars 2016, 08:32am

Publié par amisdesbetes

lire l'article sur Terraeco (28 05 2015)

La philosophe Corine Pelluchon s’interroge sur la souveraineté absolue que nous nous octroyons sur les autres vivants et prône, notamment, la suppression de l’élevage intensif.

Le Baromètre de cet article

Dans votre dernier ouvrage, Les Nourritures, vous parlez d’une amputation du goût dans notre société. De quoi s’agit-il ?

Le goût est une affaire de sens, de sensations et d’esthétique. Il est une dimension intermédiaire entre ce qui est sensuel et ce qui est spirituel. Les crises que nous vivons sont aussi des crises du goût, dans la mesure où elles concernent notre manière de nous penser dans la nature et de nous rapporter aux autres. De même, l’alimentation n’est pas seulement une façon de remplir un vide. Le fait de savourer les aliments et de savoir ce que l’on mange est important. Il y a un lien entre le sens et la saveur. Manger est un dire, qui témoigne du respect que l’on a de soi, de la nature, de la place que l’on fait aux autres – notamment ceux qui produisent ce que l’on mange.

Un retour de la question du goût dans nos vies irait-il de pair avec une meilleure prise en compte de la question animale, qui tient une place centrale dans votre réflexion ?

La vie de torture que nous imposons à des milliards d’animaux élevés pour leur chair ou leur peau, qui sont condamnés à la non-expression de leurs sens et rendus fous par leurs conditions de détention, est une des figures contemporaines du mal. Est-ce qu’une humanité qui aurait retrouvé le sens du goût accepterait les violences insoutenables que l’on inflige aux animaux ?

On sait tout cela. On a tous vu un reportage, lu un article sur les conditions de vie des porcs, sur les poulets entassés dans des cages…

On le sait, mais on fait comme si on ne savait pas. Pourtant, par nos styles de consommation, nous sommes complices de la vie diminuée que l’on impose à des animaux sensibles, qui ressentent le plaisir, la souffrance, la douleur et pour lesquels leur vie est aussi importante que la vôtre l’est pour vous. Ce qu’on leur fait en les privant de tout, alors que leurs besoins de base limitent notre droit d’en user comme bon nous semble, est une transgression majeure. Celle-ci en dit long sur nous, sur la souveraineté absolue que nous nous octroyons sur les autres vivants, sur le souci exclusif du profit qui explique aussi les catastrophes sociales et écologiques engendrées par un système capitaliste qui est le problème majeur.

Vous parlez, dans votre ouvrage, d’une « neutralisation de la pitié ».

La pitié n’est pas la morale, seulement le commencement et la condition de celle-ci. La pitié est l’identification à tout être sensible qui souffre inutilement. La manière dont nous nous protégeons pour ne pas souffrir de la souffrance des bêtes est une neutralisation de la pitié. Je pense toutefois que nous sommes meurtris inconsciemment par cela.

On manque de respect envers les animaux ?

C’est certain. On ne les respecte pas, on enferme dans des cages des renards et on pratique l’électrocution anale pour préserver leur fourrure ! On mange aussi des animaux qui sont des bébés – 180 jours pour les cochons de viande, quelques semaines pour les poulets. Ce sont surtout les conditions de détention et d’abattage des animaux, plus que le fait d’être ou non végétarien, qui accusent une société ne respectant ni les animaux, ni les éleveurs.

Vous répétez que les éleveurs ne doivent pas pour autant être culpabilisés.

Ils sont aussi victimes de l’élevage industriel, comme les agriculteurs le sont d’une agriculture hors-sol. Les éleveurs industriels ne sont pas heureux. Ils doivent se plier à des normes extérieures, les zootechniciens leur disant quand réformer un cochon (le destiner à l’abattage, ndlr), par exemple. On ne s’appuie plus sur leur bon sens. L’éleveur traditionnel savait quand son animal allait bien ou pas. Au nom de la course au profit, on a transformé l’élevage en production industrielle et détruit le sens de cette activité. Condition animale, organisation du travail et justice sociale sont étroitement liées.

Que doit-on faire ? Supprimer l’élevage intensif ?

L’élevage intensif, la fourrure et le foie gras, qui n’impliquent que de la souffrance, devraient être abolis. Si l’on met de côté les intérêts de l’industrie agroalimentaire – et l’influence des lobbys –, ces propositions pourraient faire l’objet d’un consensus démocratique réunissant à la fois les véganes (végétariens qui ne mangent et n’utilisent pas de sous-produits animaux, lait, miel, laine, cuir, etc., ndlr) et les carnivores, car sur le plan politique il s’agit de trouver des accords sur fond de désaccords.

L’élevage extensif est donc, en quelque sorte, un moindre mal ?

Le retour à l’élevage extensif, à condition qu’il fasse l’objet d’une décision politique et que l’on aide les éleveurs, serait une bonne chose pour les animaux comme pour les hommes. Il n’est jamais neutre et anodin de tuer un animal qui voudrait vivre, surtout quand on sait qu’on peut se nourrir autrement qu’en faisant couler le sang des bêtes. Mais quand l’animal est élevé dans des conditions décentes, qu’il a de l’espace, peut exprimer ses besoins éthologiques et même ses préférences, c’est déjà mieux et c’est si rare aujourd’hui – notamment pour les cochons et les poulets, puisque environ 90% d’entre eux sont élevés dans des fermes usines.

Vous n’êtes donc pas pour une abolition totale de l’élevage ?

Personnellement, si. L’animal a un droit à vivre, à exister. Pour moi, manger un animal ne va pas du tout de soi et peut-être un jour l’humanité reconnaîtra-t-elle cela, mais on n’en est pas encore là. Et, sur le plan politique, il n’est pas possible de l’imposer à ses concitoyens, sinon par la force. Or, je suis pour la délibération démocratique. Cependant, mon livre fait de l’amélioration de la condition animale une des nouvelles finalités de l’Etat.

Cela implique forcément une diminution de notre consommation de viande ?

C’est évident ! Mais si nous prenons l’exemple de nos grands-parents, on voit qu’ils mangeaient de la viande seulement deux ou trois fois par semaine. La consommation journalière de viande n’est pas bonne pour la santé. Par ailleurs, quand on prend conscience qu’il existe d’autres plats de résistance que la viande et qu’on sait remplacer les protéines animales par des protéines végétales, on cuisine autrement, mieux et on mange de manière plus variée.

Pourtant, avec 3% de végétariens en France (d’après un sondage que Terra eco avait réalisé en juin 2012), la condition animale ne semble pas l’affaire de tous.

Arrêter de manger de la viande, c’est rompre avec quelque chose d’archaïque dans la civilisation, qui a toujours sacrifié les animaux. C’est une remise en question très profonde de notre tradition. De plus, la consommation de viande a été attachée à un certain prestige, à l’idée de la richesse et du luxe. C’est aussi pour cela que les gens en consomment, y compris dans les pays émergents. Le désir de viande est une construction sociale, liée à un marketing, qu’il faut déconstruire, car il n’est pas forcément lié à des impératifs de santé. J’ai toutefois le sentiment que les jeunes mangent moins de viande et surtout qu’ils sont sensibles à la condition animale. L’idée est d’accompagner cette évolution par des connaissances. Quand je suis devenue végétarienne – il y a douze ans –, j’ai appris à cuisiner. Sans ce savoir et cet apprentissage, l’alimentation non carnée est triste et peut être néfaste pour la santé. Mais ce savoir est également une nourriture, car on découvre beaucoup de choses et on se sent mieux quand on a le sentiment de vivre en conformité avec ses principes, en faisant le moins de mal possible aux animaux.

Pourquoi mange-t-on du poulet et protège-t-on les gorilles ? N’a-t-on pas, consciemment ou non, établi une classification des êtres ?

L’humanité s’est instituée en se séparant des autres vivants. Elle a dressé une frontière entre ceux que les humains mangent et dont la mise à mort n’est pas considérée comme un meurtre et les autres. Il y a, en outre, une séparation entre les animaux de compagnie et ceux qu’on appelle les animaux de rente. Ces frontières et ces classifications sont arbitraires. Elles conduisent aussi à penser que les animaux qui sont davantage comme nous (comme les singes) auraient plus de droits que ceux qui le sont moins (comme les poulets). Mais l’essentiel est de faire en sorte que de plus en plus d’humains fassent entrer les animaux, quels qu’ils soient, dans la sphère de leur considération, qu’ils sachent et qu’ils disent que l’on ne peut pas faire n’importe quoi de ces êtres sensibles.

Comment fait-on rentrer la question animale dans le champ du politique ?

J’évite de faire de la question animale un îlot éthique, en la cantonnant à la réflexion sur le statut juridique et moral des animaux. Il s’agit d’intégrer l’éthique animale et la question de la justice envers les animaux à une réflexion plus vaste sur notre justice et sur le type de démocratie que nous sommes en train de construire

Vous appelez à la création d’une troisième chambre. Qu’est-ce précisément ?

Dominique Bourg (philosophe, ndlr) avait appelé à créer une troisième chambre non élective qui examinerait les lois – sans en proposer – et qui veillerait à ce que le long terme ne soit pas éclipsé pas les intérêts immédiats. Elle serait composée de personnes qui se seraient illustrées dans des associations et institutions écologiques. Je propose, dans le prolongement de cette chambre, une Assemblée du long terme et des vivants. L’idée est que cette dernière veille à ce que soient pris en compte la protection de la biosphère, le souci des générations futures et l’amélioration de la condition animale. Toutes les lois seraient examinées avec un volet environnemental et social qui évaluerait les conséquences qu’elles auraient sur la biosphère Dans le contrat social que j’élabore, les générations futures et les autres vivants, donc les animaux, s’invitent à la table des négociations, si je puis dire, même si seuls les hommes actuels sont des membres contractants. Car dès que je mange, je suis en contact avec les autres hommes et les vivants. Ainsi, chaque société va décider avec ses propres contraintes (financières, culturelles) de la manière dont elle travaillera à améliorer la condition des bêtes, puisque les intérêts des animaux entrent dans la définition du bien commun, mais que chaque société décide de ce qu’elle est prête à faire. Le contrat social est normatif : il énonce de nouveaux principes et des critères de la justice. Ensuite, chaque société les interprète à sa guise.

Les gens y seront-ils sensibles, à l’heure où l’on parle essentiellement de la crise économique ?

Il est normal qu’en période de crise économique les questions prioritaires soient l’emploi, le pouvoir d’achat. Les questions liées au terrorisme, à la sécurité sont également pressantes. C’est pour cela que cette troisième chambre veillera à ce que, malgré tout, le volet environnemental et animal ne soit pas éclipsé. —

Corine Pelluchon en dates
1967 Naissance
2006-2007 Donne des cours d’éthique médicale aux Etats-Unis
2012 Reçoit le Grand prix Moron de l’Académie française pour son livre Eléments pour une éthique de la vulnérabilité (Cerf, 2011)
Depuis 2013 Professeure de philosophie à l’université de Franche-Comté

Dernier ouvrage paru : Les Nourritures (Seuil, 2015)

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Abattoirs : création d'une commission d'enquête parlementaire

17 Mars 2016, 08:46am

Publié par amisdesbetes

Abattoirs  : création d'une commission d'enquête parlementaire

A l’Assemblée nationale, la création d’une commission d’enquête sur les abattoirs a été validée le 24 février 2016 en Commission des affaires économiques. Cette commission d’enquête verra le jour à l’initiative du groupe Radical, républicain, démocrate et progressiste (RRDP), sous l’impulsion du député divers gauche Olivier Falorni. Le groupe RRDP fera usage de son droit de tirage, qui autorise chaque formation politique à créer une commission d’enquête par an.

L'action des élus fait suite à l’indignation provoquée par les enquêtes révélées par L214 dans les abattoirs d’Alès et du Vigan, et montrant des violences délibérées, des négligences graves ainsi que des dysfonctionnements entraînant de sévères souffrances animales. Elle aura pour but d’établir “un état des lieux précis de la situation, procéder à l’analyse de l’efficacité des moyens de contrôle des règles sanitaires et des conditions de mises à mort.”

La proposition d’Olivier Falorni fait le constat que “L214 mène régulièrement des enquêtes filmées montrant des vidéos choquantes sur les mises à mort d’animaux dans notre pays. Ces enquêtes prouvent malheureusement qu’il ne s’agirait pas de faits isolés. L’ensemble de ces éléments démontre l’urgence de la création d’une commission d’enquête parlementaire qui devra faire toute la lumière sur ces agissements et être force de propositions [...]”

En février dernier, suite à la révélation des pratiques à l’abattoir du Vigan, L214 avait lancé une pétition adressée aux parlementaires demandant la création de cette commission. La pétition a recueilli le soutien de plus de 145 000 citoyens, et L214 a reçu copie de plus de 14 000 mails adressés aux députés.

Pour Brigitte Gothière, porte-parole de L214, “la création d’une commission d’enquête sur les pratiques des abattoirs et leur contrôle reflète l’inquiétude de nombreux citoyens et tient compte de leur indignation. Elle est aussi le signe que la condition des animaux, et notamment ceux tués par millions pour la consommation, commence enfin à trouver une attention dans la sphère politique.”

La validation de cette commission d’enquête survient le même jour que la publication des résultats par la Commission européenne d’un Eurobaromètre sur les attitudes des citoyens vis-à-vis du bien-être des animaux dits d’élevage. Conduite en novembre et décembre 2015, l’enquête révèle que :

► 98 % des Français considèrent le bien-être des animaux dits d'élevage comme important ou très important.

► 88% des Français estiment que le bien-être de ces animaux devrait être mieux protégé.

► 72% des Français souhaiteraient plus d'information sur la façon dont les animaux d'élevage sont traités.

→ Les vidéos d'Alès et du Vigan

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La lettre du CRAC mars 2016

7 Mars 2016, 14:13pm

Publié par amisdesbetes

Voir le courrier sur le site du CRAC Europe

La lettre d'information

jeudi 3 mars 2016

Toujours plus présents face à la barbarie

Bonjour, Catherine MERMOUD

La temporada, agenda officiel de tortures rituelles sur bovins, se déroule une fois encore en 2016 en France. Ni les aficionados ni les pouvoirs publics n’ont l’intention de prêter la moindre attention aux trois-quarts des Français qui veulent la disparition des corridas, pas plus qu’aux recommandations de l’ONU directement adressées à la France pour protéger les mineurs que des parents irresponsables s’entêtent à exposer à des supplices et des agonies ignobles d’animaux innocents.

Le CRAC Europe se bat plus que jamais sur ce front spécifique qu’est la protection de l’enfance. Des procédures judiciaires sont en cours, d’autres ont abouti, comme cela a été le cas le 22 février devant le tribunal de Dax où une avocate mandatée par notre association a obtenu la relaxe d’une militante qui avait filmé une fillette tentant d’échapper à ses parents alors qu’ils se rendaient dans une arène. La mère de la fillette l’avait attaquée pour « montage ». Or, la séquence filmée se contentait de montrer sans aucune coupure ni aucun commentaire le simple et pathétique déroulement des faits. Curieusement, la mère et son avocat n’avaient pas jugé utile de verser la vidéo aux débats – était-elle si gênante que cela ? Chacun peut en juger, elle est en accès libre sur diverses plateformes.

Les actions de terrain pacifiques – manifestations, présence protestataire, stands, conférences – ont repris avant même la première séance de torture de l’année. Plus que jamais, nous ne laisserons rien passer, nous ne lâcherons rien, qu’il s’agisse d’événements dont nous sommes les organisateurs ou de ceux qui le sont par d’autres associations ou même par des citoyens autonomes, pourvu qu’il s’agisse d’actions déclarées. Nous en relayons sur notre site et sur les réseaux sociaux aussi bien l’annonce que le compte-rendu. Vous pouvez les retrouver dans le menu « Actions » de notre site et ses principales sections : événements et comptes-rendus. Le mois de mars verra plusieurs stands et trois manifestations, dont celle qui se tiendra à Arles le 26 mars, où trente taureaux seront sacrifiés. Rejoignez-nous pour dire non à ces horreurs !

Plus que jamais, notre activité repose entièrement sur votre engagement personnel et sur vos dons, adhésions ou achats dans notre boutique (nous attirons votre attention sur deux partenariats, voir la boutique en pied de page). Le CRAC Europe ne reçoit aucune subvention publique, son financement est intégralement assuré par celles et ceux d’entre vous qui y contribuent. Merci par avance pour votre soutien. Nous vous rappelons par ailleurs que notre assemblée générale annuelle aura lieu à Paris le 7 mai 2016. Merci de penser à nous signaler vos éventuels changements d’adresse si vous souhaitez rester informés.

Quelques nouvelles de Jean-Pierre Garrigues. Son état est stable. Son traitement doit se poursuivre pendant encore plusieurs mois et il a toujours besoin de repos. Il nous a fait parvenir les quelques lignes qui suivent.

Chers amis de combat,

A travers les courriers que nous recevons, merci beaucoup pour vos voeux ! Je préfère répondre en bloc plutôt que de répondre individuellement. Donc merci infiniment ! Pour la suite de l’année, il faudra également se voir à Paris le 7 mai pour l’AG du CRAC Europe. J’espère que j’irai mieux. En attendant, merci pour ce combat et merci pour vos pensées.

A bientôt
Amicalement
JP

Pour finir, nos relations avec les parlementaires se poursuivent. Une grande réunion rassemblant une vingtaine d’associations de protection animale françaises (dont le CRAC Europe, bien sûr) aura lieu début juin à l’Assemblée. Elle fait suite à celle du 28 janvier dernier dont nous vous avons parlé dans notre précédente lettre d’information mensuelle. D’autres événements sont en cours d’organisation. Nous y reviendrons le moment venu.

Roger Lahana
Vice-président du CRAC Europe

Prochains événements

le 05 mars à Arles

Stand anti corrida à Arles le 05/03/16

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Férias oui, corridas non!

2 Mars 2016, 15:38pm

Publié par amisdesbetes

Férias oui, corridas non!

Ferias oui, corridas non

Ce que le CRAC Europe veut dire par ce slogan, c’est qu’il soutient (ou plus exactement qu’il ne combat pas) les ferias au sens général du terme, c’est-à-dire les fêtes (traduction en français du mot espagnol feria). Toutes les communes de France organisent des fêtes en plein air au moins une fois par an et parfois plus. Celles où se tiennent des corridas appellent souvent leurs fêtes des ferias parce qu’elles utilisent le plus possible de mots espagnols pour faire plus exotique (feria pour fête, bodega pour bar, etc.) et que, surtout, elles veulent délibérément entretenir une confusion dans l’esprit des gens – et surtout des touristes – entre la partie purement festive (la feria) et la tenue de corridas, qui ne sont que l’une des « attractions » de ces ferias où très peu de gens vont, la plupart préférant festoyer dans les rues. Les aficionados vont parler de « feria » pour désigner la corrida afin de faire croire que si la corrida est interdite, alors il n’y aura plus de fête, ce qui est totalement faux.

Par exemple, la feria de Nîmes attire jusqu’à un million de personnes, dont 98% ne mettent jamais les pieds dans les arènes. La partie feria proprement dite de la métropole gardoise ne propose que des activités festives sans lien avec les animaux : bars, restauration de rue, musiciens allant des fanfares aux groupes de rock nationaux ou internationaux, sonos diffusant devant les bars de la musique enregistrée pour faire danser les gens, etc. C’est bien entendu cette partie-là de la feria qui est bénéficiaire, les corridas étant elles toujours déficitaires. Les ferias n’ont aucun besoin de corridas pour exister, c’est l’inverse. Dans les villes non tauromachiques, les ferias s’appellent tout simplement des fêtes et proposent exactement le même type de distractions pour faire la fête dans les rues, pendant parfois plusieurs jours. Les plus connues sont le carnaval de Nice ou… la célébration du 14 juillet partout en France.

Il est évident que le CRAC Europe n’a aucune raison de s’opposer à ce type de festivités et c’est ce que veut dire le slogan « Ferias oui, corridas non ». Il s’adresse aux 98% de personnes qui aiment venir participer à des fêtes annuelles dans les villes tauromachiques sans pour autant avoir la moindre envie d’aller y voir des corridas. Nous tenons à ce qu’ils comprennent que nous ne nous opposons qu’à la partie qui ne les intéresse pas et que nous n’avons rien contre ce qui attire l’immense majorité d’entre eux : la fête.

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